La loi du 4 mars 2002 : présentation générale

par Nicolas BRUN

Constatant que la loi du 4 mars 2002 n’est pas issue d’une irruption soudaine d’un consumérisme médical, Nicolas BRUN nous invite à considérer les nombreuses évolutions qui depuis une trentaine d’années ont bouleversé radicalement les rapports que nous entretenons avec le corps médical.

La loi du 4 mars 2002 est le reflet de ces évolutions ; elle en constitue le point d’orgue.

Les années 1960-1970 sont les années de confiance inébranlable dans les progrès de la médecine. Chacun, fasciné, voit en ces progrès un espoir et un avenir qui permettra d’éradiquer toutes les maladies. La médecine est de plus en plus technique et spécialisée ; la parole de l’expert renforcée ; le débat public quasi inexistant. Les associations visent essentiellement à l’amélioration de la pratique médicale par la recherche de fonds.

Les années 1980-1990 sont des années charnière qui remettent en cause les modèles dominants avec l’apparition notamment du SIDA. L’apparition de la maladie a ébranlé la confiance en cette courbe linéaire des progrès de la médecine et de l’amélioration de la santé. Les professionnels ne sont pas préparés pour accueillir correctement ces maladies. Ce sont des nouveaux malades, jeunes, très bien informés. Les malades décident de prendre eux-mêmes en charge l’information et le soutien, la prévention, la recherche de fonds et donc s’affranchissent de la tutelle médicale. Au début, les espoirs de guérison étaient assez nuls : les demandes se sont donc réorientées vers d’autres choses : meilleure prise en charge psychologique, traitement de la douleur, développement de l’alternative à l’hospitalisation, meilleure collaboration entre médecine de ville et médecine hospitalière, humanisation des soins mais aussi et surtout l’assurance d’une meilleure qualité de vie pendant le traitement. Ces éléments vont être ceux que l’on va retrouver dans le texte de la loi du 4 mars 2002.

Dernière mise à jour : lundi 5 mars 2012


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