Identifier les problèmes

Franck BONNET, de la gendarmerie nationale.

Le capitaine Franck BONNET est officier d’état-major à la direction générale de la gendarmerie nationale au sein de la section « prévention de la délinquance - partenariat ».

En propos liminaire, Franck BONNET rappelle que l’obligation scolaire a une origine historique puisqu’il est rapidement apparu aux dirigeants de la jeune IIIe République que la débâcle militaire de la France face à la Prusse en 1870 a tenu, en partie, au fait que les officiers et les soldats français ne parlaient pas la même langue (mais leurs langues ou patois locaux) alors que les Prussiens avaient, eux, un langage unifié, compris par tous.

Ce phénomène avait été capable de nuire à la transmission des ordres, à leur compréhension et à leur bonne exécution.Tirant les enseignements de cette explication - parmi d’autres - de la chute du Second Empire, les dirigeants du nouveau régime décidèrent d’instituer les valeurs de la République chez chaque enfant. C’est ainsi que les « hussards noirs de la République » sont devenus les « instituteurs ».

Lorsque Luc Machard, alors délégué interministériel à la famille, a été chargé de rédiger un rapport sur l’absentéisme scolaire, le ministre de l’Intérieur a participé à l’installation de la commission chargée de l’aider. La gendarmerie nationale, à l’instar de nombreuses autres administrations, s’est impliquée dans ces travaux dont l’objectif était de définir les phénomènes d’absentéisme et de recenser les difficultés induites. Désormais et naturellement, la gendarmerie poursuit sa participation à cette démarche de prévention en siégeant aux commissions départementales et en prenant part, parfois, aux modules de soutien à la responsabilité parentale. Aujourd’hui, 13 des 97 groupements de gendarmerie départementale métropolitains ont été contactés. La gendarmerie est disposée à participer à ce qui se mettra en place au niveau local, partout où cela se justifiera.

Même s’il arrive que des adolescents en situation d’absentéisme commettent un délit, la gendarmerie ne considère pas qu’absentéisme égale délinquance. Il n’est pas réaliste d’envisager que le rôle des gendarmes se limite à la répression. Bien au contraire, la gendarmerie s’est engagée, depuis les années 1990, dans diverses démarches très innovantes. Initiative emblématique, les brigades de prévention de la délinquance juvénile (BPDJ) créées à partir de 1997, sont encore à ce jour inimitées en France et à l’étranger. Plus récemment, l’implication de la gendarmerie dans le diplôme universitaire interprofessionnel « adolescents difficiles : approches psychopathologiques et éducatives » marque notre volonté d’agir en amont des difficultés, en partenariat avec les professionnels d’autres secteurs concernés : santé, social, éducation nationale, justice et sécurité intérieure.

Les problèmes que posent les adolescents difficiles ou en difficulté méritent une meilleure réponse que notre seule action répressive. En effet, les pédopsychiatres établissent un lien entre le manque de cohérence des adultes vis-à-vis de la jeunesse et les difficultés que posent les adolescents.

La délinquance juvénile et les violences, dont les jeunes sont aujourd’hui les victimes autant - si ce n’est plus - que les auteurs, font l’objet d’un suivi étroit au sein de la gendarmerie nationale, sur sa zone de compétence. A l’instar de l’amélioration des statistiques de la sécurité, les chiffres de la délinquance juvénile sont actuellement à la baisse.

Dernière mise à jour : lundi 5 mars 2012


Page précédente >> Identifier les difficultés
Page suivante >> Identification des difficultés - échanges d’expériences

Vous êtes ici >> Accueil > Les colloques > Politique familiale > Udaf et absentéisme scolaire > Identifier les problèmes

Mentions légales - Plan du site -

UNAFOR — 28 place Saint Georges - 75009 PARIS — Tél. : 01 49 95 36 97 - Fax : 01 40 16 12 76