Risque et précaution : la scène et les protagonistes

Micheline MAUDUIT

Cette spécialiste en gérontologie va poser les bases de la pratique tutélaire par des exemples concrets. Elle va se demander pourquoi demander une protection juridique et quelles actions pour se protéger. Comment éviter d’agir dans l’urgence afin d’avoir à ne pas faire face à une situation immente ?

Le maintien à domicile d’une personne âgée est une situation qui engage plusieurs personnes : aide à domicile ; famille ; tuteur. Il arrive que la responsabilité soit partagée, équilibrée. Mais, dans la pratique, ce n’est que trop peu souvent le cas, et les tuteurs (dans un sens large) héritent souvent de la part de responsabilité des acteurs gravitant autour de la personne sous tutelle. En outre, la mission d’un tuteur ne se limite aux fonctions de gestion des biens de la personne, il doit prendre également la dimension humaine. Ceci pose parfois des problèmes d’autorité sur les allées et venues des majeurs sous-tutelle.

Souvent, la personne âgée ne se rend pas compte de son vieillissement et n’accepte pas la perte de certaines capacités : conduite d’un véhicule ; dangers liés aux accidents domestiques (gaz). Il faut alors repousser les limites de son pouvoir, user des ruses et de subterfuges. Maîtriser la situation dans sa globalité est quasi-impossible. La meilleure (ou la moins mauvaise) solution est de coordonner les actions ; d’être toujours inventif, de mener une réflexion commune lorsque le tuteur en a la possibilité.

La loi du 4 mars 2002 pose un cadre légal des relations avec le corps médical. Mais parfois, les bonnes solutions ne sont pas les mêmes pour tous. Il peut y avoir, à cette occasion, un conflit qui va perturber et dégrader les relations entre la famille et le corps médical. En cas de tutelle, c’est le tuteur qui décide en dernier ressort. Néanmoins, le médecin doit délivrer les soins indispensables. Le partage des responsabilités reste souvent flou, et il faut trop souvent l’analyser au cas par cas et le partage et la prise de risque sont latents (quelles garanties ont les tuteurs ?). Ceci nous montre bien la complexité des positionnements des différents acteurs face à ces situations.

En conclusion, il existe de multiples intervenants dans la pratique tutélaire. Il convient d’analyser le comportement des participants afin de s’adapter aux différentes situations. Il est à noter que parfois, le tuteur est seul (la tutelle isolée).

Dernière mise à jour : mardi 6 mars 2012


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