Les ALD : Un enjeu financier et humain

Pierre-Jean LANCRY

M. Pierre-Jean Lancry, secrétaire général du Haut Conseil Pour l’Avenir de l’Assurance Maladie, rappelle d’abord les origines historiques du régime des ALD : à sa création en 1955, les ALD couvraient quatre pathologies (tuberculose, affections cancéreuses, polio et maladies mentales) et étaient centrées sur la couverture des interruptions de travail. Aujourd’hui 30 pathologies lourdes relèvent de ce régime, qui représente concrètement et symboliquement une volonté de la collectivité de porter une attention particulière aux maladies graves en couvrant les soins les plus lourds.

Après avoir abordé la question d’un éventuel transfert de la prise en charge des ALD aux assurances complémentaires (transfert que le HCAAM a vivement déconseillé en raison de l’éventuelle « sélection des risques » à laquelle les assurances complémentaires pourraient céder), M. Lancry donne ensuite des indicateurs précis de l’importance financière et humaine du régime.

Concernant 12% des assurés, le régime représente près de 60% des dépenses du régime général et surtout joue un rôle majeur dans l’augmentation des dépenses.

Dans l’ensemble, le régime permet un remboursement élevé des soins et donc un « reste à charge » faible pour les patients. Mais il y a des exceptions et surtout, des malades ne relevant pas du régime subissent des restes à charge parfois très élevés.

Il présente enfin les principales pistes de réflexion et de réforme sur lesquelles travaille le HCAAM. Le Haut Conseil étudie trois critères pour des actions d’amélioration du régime :

  1. le reste à charge pour les assurés doit devenir un indicateur majeur : son plafonnement pourrait améliorer la prise en charge des soins,
  2. l’amélioration de la gestion du régime semble nécessaire. La convention médicale de 2005 a instauré les instruments permettant de lutter contre les exonérations indues. L’importance des disparités géographiques dans la prise en charge en ALD ne signifie pas forcément une gestion plus laxiste dans certaines zones mais suppose à tout le moins des enquêtes pour comprendre ces écarts.
  3. L’élaboration du nouveau protocole de soins doit permettre aussi une amélioration de la qualité des soins : coordination des praticiens, meilleur suivi des dossier (désormais rémunéré), travail de la HAS.

Pour conclure, M. Lancry souligne qu’un système est toujours perfectible, même si c’est forcément de façon progressive.

M. LANCRY se prête ensuite au jeu des questions-réponses avec la salle. Les questions ont notamment porté sur les modalités de responsabilisation des patients et de l’éducation thérapeutique, les restrictions éventuelles qui seraient apportées au régime des ALD dans le cadre d’une maîtrise des dépenses, la prise en charge des pathologies annexes à une ALD, l’engagement de l’UNAF et des UDAF dans les programmes de prévention (obésité, antibiothérapies).

Dernière mise à jour : mardi 6 mars 2012


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